Sur les ailes d'un livre

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Alexiane Th.
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LUC DOYELLE

le Mar 31 Oct 2017 - 8:16





Pourrions-nous en savoir un peu plus sur vous ? Nous tairons l’histoire de vos déconvenues avec la pègre … Y a-t-il un peu de vrai dans vos mini-biographies que l’on peut trouver sur le net ?
Il y a du vrai dans toutes mes biographies, à condition de croire en la réincarnation.

Avez-vous un petit rituel d’écriture ? (mise à part les sacrifices d’orang-outan ou la danse du poulpe en pagne en poils de noix de coco sur les toits de Rio) ? Avez-vous des heures de prédilection pour écrire ? Certains préfèrent la nuit, d’autres le jour … Où ne vous posez-vous devant votre ordinateur (ou pas !) uniquement lorsque l’inspiration sonne le cor ?
Comment savez-vous, pour la danse du poulpe ? C’est dingue, ça, il va falloir que je fasse du tri parmi mes amis.
Mon moment de prédilection se situe entre 8h45 et 8h49 sauf les années bissextiles où il faut rajouter 12 minutes, ou les retrancher suivant qu’on est dans l’hémisphère nord ou sud. Cela implique d’être très rapide en écriture, ou de ne pas être pressé de sortir un bouquin. Sinon ma motivation est à son maximum lorsque je reçois ma taxe foncière ou la facture d’EDF.

Nous avons bien compris que l’humour et la dérision prennent une sacrée place dans vos romans tout comme dans vos divers rencontres et interviews. Jusque dans vos présentations sur les divers sites littéraires, vous jouez le jeu et vous plaisez à glisser des traits d’humour. Prônez-vous l’adage « l’humour est le meilleur des remèdes » comme nous pouvons le supposer avec votre premier livre, Les liaisons presque dangereuses ?
Je ne sais pas si l’humour est le meilleur des remèdes en ce qui me concerne, le corps médical ayant renoncé depuis fort longtemps à étudier mon dossier. Le bon côté des choses, c’est que la situation n’empire pas. Encore que, ma tendre épouse, pas plus tard que la semaine dernière, émettait quelques doutes à ce sujet.

Les Liaisons presque dangereuses s’inspire-t-il de votre vécu ? Tout comme le personnage de Lucius Von Lucius serait une sorte d’alter-ego, une façon de vous mettre en scène pour faire rire le lectorat ?
Renommer mon personnage Lucius von Lucius était la seule solution pour que ma tendre épouse ne me mette pas à la porte du domicile conjugal avant la sortie du bouquin. Il faut avouer que je dévoilais des secrets que Closer ou Voici m’auraient achetés à prix d’or, si j’avais eu une once de vénalité. Et s’ils avaient eu vent de mon existence, dois-je rajouter pour plus d’honnêteté.

En parlant de Lucius Von Lucius, il ne serait pas le seul à s’intégrer à vos histoires … à moins que ce ne soient ces histoires qui s’imbriquent à ceux qui vous inspirent les personnages, comme Nestor Boyaux, héros de Qui veut la peau de Nestor Boyaux ? qui serait la « caricature » d’un de vos amis. D’autres protagonistes sont-ils le reflet aux traits accentués de quelques proches ?
Nestor Boyaux représente le plus grand traumatisme de mon enfance. Raconter comment je l’ai rencontré et subi est pour moi une catharsis (ouais ! J’ai réussi à le placer dans une interview. Comment que je suis fier de moi…) qui m’a sauvé d’une dépression assurée.

On sent que les personnages forment une sorte de fil rouge entre vos divers romans. D’où vient cette volonté ? Quel est votre optique les concernant ? Sont-ils des héros (voire, anti-héros) auxquels vous êtes foncièrement attaché et que vous vous plaisez à mettre en scène ? Comme de vieux amis de longue date que vous adorez mettre en galère…
Le fil rouge, c’est toujours celui qui fait péter la bombe (ou pas si on arrive à le couper à temps).
Je croyais avoir définitivement tué Nestor Boyaux en le racontant dans « Qui veut la peau… ? ». Mais tout comme Freddy Krueger, il est revenu hanter mes pires cauchemars. J’ai très vite réalisé que jamais je ne pourrais m’en débarrasser. Alors, je le raconte, encore et encore.
Alors, oui, je suis attaché à Nestor Boyaux, mais pas dans le sens où vous l’entendez.

Dans votre dernier roman, L’ennui du mort-vivant, que nous avons eu le plaisir de chroniquer, vous avez décidé d’en faire un polar humoristique. Pourquoi un tel choix ? Bien que ce soit votre plume et tout ce qui fait le charme ainsi que l’originalité. Est-ce une volonté de parodier ces sempiternels polars sombres, très sérieux ?
Pourquoi un polar humoristique ? Tout simplement parce que si j’avais pondu un polar noir autour de Nestor Boyaux, la plupart de mes lecteurs se seraient jetés sous un TGV, ou sur une boite de tranxène pour les moins courageux.
N’étant actionnaire ni de la SNCF, ni de SANOFI, je n’avais que ma conscience pour moi. Seul l’humour pouvait nous sauver. Je n’ai écouté que mon altruisme.


Pourriez-vous nous dire quelques mots sur L’ennui du mort-vivant, justement ? Nous le présenter ?
Comme si Nestor Boyaux ne suffisait pas à me pourrir la vie, une autre casse-bonbon est venu me hanter. Kriptonite. Oui, je sais, je suis marqué par la malédiction.
J’ai donc décidé d’éliminer ce parasite au travers de ce roman. Mais on n’élimine pas Kriptonite comme ça, en claquant des doigts. Si ma mémoire est bonne, il m’a fallu le trucider une bonne demi-douzaine de fois avant d’en être débarrassé. Et je ne suis pas sûr qu’il ne revienne pas un jour me hanter à nouveau.
Bref, si vous voulez savoir comment le pire parasite de la planète peut mourir et revenir jusqu’à l’écœurement, lisez L’ennui du mort-vivant.

D’où vous est venue l’idée de cette nouvelle intrigue ?
Quand on vous parle de l’Égypte, vous pensez invariablement : papyrus. Mais si, ne faites pas l’innocent !
Seul Nestor Boyaux était capable de me rapporter un hiéroglyphe sur une peau de mouton, rapporter dans ses bagages un vizir un peu timbré, et se faire voler sa peau de mouton par Kriptonite. Bref, pour foutre le bazar dans mes bouquins, ces deux-là sont des champions.

Qu’avez-vous préféré mettre en scène dans ce dernier livre ?
Le zigouillage systématique de Kriptonite, c’était franchement jouissif.

Vous passez d’un livre à l’autre à plusieurs genres : d’un brin fantastique au polar. Est-ce un jeu, un challenge pour vous de traiter divers genres tout en gardant l’objectif de faire rire le lecteur avant tout ?
Je n’ai jamais cherché à faire rire, mais dès que je ponds un texte, tout le monde s’esclaffe. Ça en devient vexant, à la fin. J’aimerais bien que ça cesse.

Dans L’ennui du mort-vivant vous tournez en dérision la politique, notamment avec Monsieur Normal. Cherchez-vous malgré tout à faire passer quelques messages à travers l’humour et les aventures rocambolesques de vos héros ?
Oui, en réalité, je suis sponsorisé par Les Républicains Socialistes Insoumis. J’ai donc un message politique à diffuser massivement.

Les aventures de Lucius Von Lucius, de Nestor Boyaux ou de Jad sont-elles belles et biens terminées ou nous réservez-vous d’autres surprises les concernant ?
La vie est un éternel recommencement. Autrement dit, tout est possible, et réciproquement. Mon prochain bouquin sera certainement un roman futuriste, mais je crains fort que même dans trois cents ans, Nestor Boyaux soit toujours dans les mémoires.

Qu’en est-il de vos futurs projets ? Devrions-nous évoquer ce « roman épistolaire écrit à quatre mains » ?
Impossible, mon acolyte (autrement dit les deux autres mains) s’est suicidée (c’était une auteuse) après avoir lu le premier chapitre que je lui avais transmis. Le projet a été enterré sous douze mètres de béton.

Un dernier petit mot ? La classique !
Je constate qu’une fois de plus, je viens de flinguer ma carrière d’auteur. Peu importe, je ne suis plus à cela près. Merci de m’avoir permis ce suicide littéraire.


Nous vous remercions encore une fois d’avoir répondu à nos questions. Nous espérons retrouver très vite votre plume ! En attendant, nous relirons vos précédents romans, histoire de toujours profiter de moments composés de franche rigolade.


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Vous pouvez retrouver notre Chronique ici.
Et jeter un oeil à la bibliographie de Luc Doyelle sur : Book Node, Babelio (Vous pouvez cliquer sur les liens.)

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Lana
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Re: LUC DOYELLE

le Mar 31 Oct 2017 - 10:07
Merci Mr Doyelle pour cette interview pleine d'humour, j'aime beaucoup vos derniers mots Very Happy


Votre livre est dans ma PAL Wink

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